" Il est d'usage, ? chaque nouveau Salon, de s'apitoyer sur la d?cadence et sur la m?diocrit? de l'art moderne en g?n?ral et de l'art fran?ais en particulier. Cette ann?e pourtant les plus pessimistes ne peuvent s'emp?cher d'?prouver une certaine surprise en parcourant l'exposition des beaux-arts. Si jamais il doit y avoir des excuses pour la faiblesse ou pour la st?rilit? des artistes, c'est bien apr?s les deux funestes ann?es que nous venons de traverser. Il y a quelques mois, on pouvait croire que nous allions retourner ? la barbarie. Quand, au lendemain de nos d?faites, un ramassis de brigands de tous les pays s'abattait sur notre capitale, et que l'ennemi, camp? sur nos collines, chantait victoire ? la vue de nos monuments en flammes, nous avons pu d?sesp?rer un instant de l'art fran?ais, comme de la soci?t? fran?aise ; mais, Dieu merci, notre civilisation r?pare ses ruines presque aussi vite qu'elles ont ?t? faites. Quelques semaines apr?s la guerre, l'industrie fran?aise figurait avec honneur ? l'exposition de Londres, et aujourd'hui, en comptant nos richesses, nous pouvons enti?rement nous rassurer. Si quelques-uns de nos chefs-d'oeuvre ont p?ri, nous ne sommes pas encore incapables de travailler ? les refaire..."